Là-bas et d'Ailleurs....

Là-bas et d'Ailleurs....

Photo de Marie-Jezaria
www.damevendee.aminus3.com

Là-bas et d'ailleurs...

Mes pas m'ont semé dans le Monde
Et c'est mille Terres que j'ai aimé,
Des couleurs suaves, des parfums de vie
Et c'est nue que je me baigne
Sous tes ciels d'Amazonie, d'Afrique,
Dans tes nuits Bali, Java et d'Angkor,
Et c'est ivre que je te danse,
Jusqu'à tes horizons tout là-bas
Parce qu'ailleurs est ma liberté...

Je t'ai foulé de mon corps
Pétrie de sueurs et de lueurs,
Tes épices plantées dans mon c½ur,
Et dans tes brumes Kilimandjaro
J'ai chanté le berceau de la vie,
Les paumes ouvertes,
C'est à genoux que je renais
Pour ton supplément d'âme,
Et porté par tes océans sous le vent,
Une larme s'abandonne sur les cils
D'une île sauvage
Où s'empreinte l'éphémère
De mon instant d'éternité...

Je t'ai parcouru aux grès de mes rêves
A l'ombre de tes Flamboyants,
Entre les nuages indigo
Et le murmure des gazelles,
Le crépuscule comme une geisha
S'émouvant avec grâce et de soie
En subtils effluves de cerisiers
Jusqu'à ma peau nonchalante,
Qu'au lointain d'une légende,
Sumatra ensorcelle mon évasion
De nuances miel et menthe poivrée
À l'heure d'un temps lascif,
Éloge d'un baiser sucré...

Mes pas voyagent dans le Monde
Et c'est mille Terres que j'arrime
À ces mots qui m'éveillent
Des songes en partance,
Et c'est des grains de sable
Que je te dessine sans frontières
Et c'est de l'écume sur la plage
Que je trace un autre chemin,
Ton immensité pour bagages
Je te porte dans mes yeux
Tels ces royaumes suspendus
Aux gestes lents des ancêtres,
Je te survis dans ma mémoire
Tels un voyage au long cours
Qui se déploie à tire d'ailes...

Marie - Mai 2009

# Enviado el viernes 22 de mayo de 2009 20:17

Modificado el domingo 24 de mayo de 2009 16:04

L'errance est mon pays...

L'errance est mon pays...

"Errance" - A. Miarczynski
www.aleksandra-miarczynski.com


L'errance est mon pays...

Dans mes insomnies, des rêveries indociles
Voguent au clair de nuit, pavillons clandestins,
Et qu'importe si, assis en chien de fusil,
Une brume de larmes guète dans le noir
Le voyage à l'aveugle vers les lents demains,
Naufragés de l'ennui.

Apatride nocturne
L'errance est mon pays...

Voguent au clair de nuit, pavillons clandestins,
Mille et un embrun buriné, maux de marins,
Avec dans l'écho des flots un relent d'ivresse
Qui souffle dans les voiles cette tristesse
Aux reflets nonchalants sur l'écume des voix,
Sirènes aux abois...

Mille et un embrun buriné, maux de marins,
Ondule sur l'horizon comme une île perdue,
Alors qu'il ne reste qu'un silence pendu
A l'ambre du rhum dessinant entre les seins
Des parfums de mirages murmurant la peine
D'un spectre Capitaine...

Vigie de l'infortune
Le jour m'est ennemi...

Ondule sur l'horizon comme une île perdue
Des allusions à fleur d'eau, grains de mots
Qui fondent entre les lèvres, fruits défendus
Quand sous la bise le feu gémit sur la peau
Sa brûlure au long cours que l'aube dénude
Face à la solitude...

Des allusions à fleur d'eau, grains de mots
Dérivent les maux dans l'âme à fendre les os,
Leurs éclats brisés par les sables tourmentés;
Vautour, le ciel, déploie son aile étoilée
Et vole de nuit la chair pétrie d'hébétude,
Que la sueur exsude...

Apatride nocturne
Le jour m'est ennemi...

Dérivent les maux dans l'âme à fendre les os
Quand d'un cri rugissant, crachin d'automne
Tournoyant telles des langues de poussières
Ils vomissent l'écho des ressacs monotones,
Emprisonnant, corps de brumes carnassières,
L'évidence en huit clos...

Vigie de l'infortune
L'errance est mon pays...

Marie - Février 2009

# Enviado el lunes 09 de febrero de 2009 07:23

Nomade....

Nomade....


Nomade...

Errance.

Sous les pas, la terre craquelée bruissait de soif,
Un désert dessiné de sillons venant de nulle part
Et surtout, allant en sinuant jusqu'à l'infini,
Comme des rides d'un temps qui a vendu son âme
À l'immortalité qui n'est jamais survenue...

L'oubli.

Le soleil, impassible, darde ses rayons jusqu'au flou,
Impossible de voir le jour en face sans pleurer,
Le goût du sel qui blanchit avant d'arriver aux lèvres,
Laisse l'empreinte effilochée des nuages fugitifs,
Un mirage enchaîné entre ciel et terre, griffant le vide...

Solitude.

Pas un bruit. Même d'air. Le bleu divague sans ombres,
Seul l'horizon brûle ses ailes dans un silence de sable,
Rien ne bouge et tout se pressent, cruel et sauvage.
Quelques dunes en relief se brisent dans un éclat d'or,
Dernières vagues aux ressacs lents, à l'écume échevelée...

Évasion.

Jusqu'au bout de la caresse, l'urgence piquée au vif,
Dans cette marée aride, l'instinct telle une échappée
Dévore les os, la chair, la sueur, scorpion de l'âme.
L'intime animal au sang froid, déployant la menace
D'une chronique solitaire sur la pointe de son dard...

Lumière.

Au beau milieu des larmes aux yeux, un océan de grains
Lacèrent la vision pour un voyage kaléidoscopique,
La mort en couleur pour conjurer la peur aux pieds du mur,
Quand sur les décombres d'une frontière, l'ombre d'un olivier
Cherche encore la paix sous le marbre des prières vaincues...

Délivrance.

D'une fontaine au c½ur de vestiges éperdus d'humilité,
La pierre polie par les orages sans pluie, sans brumes,
Une vie d'autrefois était aux agneaux, Terre promise.
Qu'alors dans le mugissement des sables, le crépuscule s'empale
Sur l'envol de rubans langoureux de jours aux litanies syncopées...

Nomade.

Se dépouiller de tout, jusqu'à se perdre de vue dans le hasard
Et laisser les pas suivrent le chemin des étoiles exilées,
La vie en écharpe, marcher jusqu'au Requiem pour expier.
Vaincre les barbelés pour une rose poussant sur un rocher,
Comme naît l'enfant dans un premier cri, pur et innocent....

Marie - Décembre 2008

# Enviado el lunes 22 de diciembre de 2008 10:38

Tout au fond...

Tout au fond...


Tout au fond...

Je ne sais pas pourquoi, mais il faisait trop nuit
Trop nuit dans le c½ur de la pluie...

C'était un chagrin d'été, une ondée de rien
Et des ombres se planquaient sous les parapluies.
Dans les impers uniformes, un froid de chien
Rongeait les os et retroussait ses crocs en catimini...

Je ne sais pas pourquoi j'étais là dans la nuit,
Mes lourds talons martelant un cri indéfini...

C'était une averse de misère aux heures tristesses,
À peine colorée par d'opaques caresses
De réverbères clignant de l'½il à coup de lueurs
Pathétiques comme une tapineuse de leurres...

Je ne sais pas pourquoi j'en ai pris plein la gueule,
Alors j'allumais une cigarette, pour être moins seule...

Il y avait le bruit de la vie dans le chaos du silence
Des regards croisés qui se détournent sans un mot.
Il y avait comme un écho d'amour dans l'errance
Qui se cherche une rue de secours sans un mot...

Je ne sais pas pourquoi j'avais l'ivresse déhanchée
Lors je buvais des yeux les reflets mal lunés...

C'était un soir d'écumes giflant les murmures
Balancés contre les murs de la ville indifférente...
Aux fenêtres suspendues, des voix sans figures,
S'échappaient en quelques mélancolies indécentes...

Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas pu sourire
A ces frissons qui donne l'envie de mourir...

C'était une silhouette surgissant de nulle part
Qui m'a chopé au dépourvu dans le brouillard...
De longs doigts retenaient le col de son imper
Et dans son regard gisait une histoire d'hier...

Je ne sais pas pourquoi il m'a parlé sans rien dire,
Pas besoin de mots quand tout prête à rire...

Il avait la démarche des pas en retard
Sur les épaules le poids lourd d'une mémoire...
Il marchait malgré lui contre tous les vents,
Survivant d'un temps filant à contre-courant...

Je ne sais pas pourquoi j'ai fait un pas en arrière,
Dans l'air du temps, il y avait comme un revers...

La lune jouait à pile ou face avec une flaque d'écho,
Et j'ai sourit bêtement aux ricochets des maux dans l'eau...
Ici et là, des parfums, effluves à fleur de nuages
Ondulaient comme une invitation aux mirages...

Je ne sais pas pourquoi je t'ai pris simplement le bras,
Pour traverser la brume d'un instant qui ne pense pas...

Puis l'aube est venue sans s'annoncer, d'un trait blanc,
Avec sous mes yeux des poches bleuies de poussières...
Quelques étoiles, traîne misère, néons de firmament
Agonisaient en éclaboussant le jour de larmes acières...

Je ne sais pas pourquoi, parmi tous les pas perdus
Ce sont les tiens que j'ai suivi dans l'ombre ténue...

Aux portes du cimetière, un rai de jour, saugrenu
A posé ses ailes sur ton sourire d'autrefois,
Alors, je me suis souvenu qu'il était une fois
L'amour fauché en plein vol pour l'inconnu...

Je ne sais pas pourquoi, mais il faisait trop jour,
Trop jour dans le c½ur de ma vie...

Je ne sais pas pourquoi ni comment, comme toujours,
Je reviens encore et malgré toutes les nuits...

D'un battement de cils je t'ai perdu de vue,
Trempée jusqu'aux os de longs frissons...
Pas un seul rat, ni même un chat dans la rue,
Juste ton rire qui a éclot comme un bouton...

De rose,

Tout au fond
Tout au fond,

De moi...

Marie - Novembre 2008

# Enviado el sábado 06 de diciembre de 2008 09:25

Quartiers de nuit...

Quartiers de nuit...



Quartiers de nuit...

La nuit remet du rimmel à ses lueurs
Et sur les trottoirs se filent les résilles
Des bas hauts perchés sur les filles
Alors que pleure la chair blême
En claquant les regrets sur le béton
À grand coup de talons aiguilles;
Dans le noir, même le bruit des chaînes
Baise l'oubli jusqu'à la trahison...

La nuit a remis sa cape des grands soirs
Et traîne la mort pour seul cavalier;
Elle tourne, tourne, comme une rumeur
Qui s'en va boire à tous les râteliers;
Crevarde nocturne, sans loi ni peur
Derrière elle, des silences de cafards
Comme se marre le coup du hasard
Quand il se cherche en plein brouillard...

Il y avait dans les yeux qui s'enfuient déjà
Un cri de fureur qui ne s'éteint pas;
L'éclair d'un instinct aux bords des lèvres
Prêt à vomir son orage de porcelaine;
Pauvres murmures à l'éclat mièvre
Qui se raillent, la gueule en coin,
Des misères que l'on serre dans le poing...
Aux creux des reins, le désir d'en gémir
À tous les vents, un exil sans se retenir...

Il y avait comme de la neige à l'horizon,
Larmes blanches, tourbillon d'incertitudes,
L'effroi et l'absence, chronique d'hiver
À l'article de l'amour dans le méfait divers...
Cette odieuse dentelle, soyeux tourbillon
Laissant derrière elle des relents de désuétude
Comme on s'abandonne à l'hébétude
Pour mieux se perdre à tourner en rond...

La nuit remet du rouge sur ces baisers,
Trompe l'amour qui embrase l'errance,
Et s'affiche accroche c½ur sur les carreaux
Des bistros où tout s'écoule en verres et maux;
La nuit, oui, a choisi le rouge pour emballer
À bras le corps l'alcoolique désespérance
Parce qu'elle ne sait pas parler d'amour
Si ce n'est qu'à pas de loup de velours...

Si ce n'est qu'à pas de loup de velours...

Marie - Novembre 2008


# Enviado el lunes 24 de noviembre de 2008 13:37