Eclat de Pluie...

Eclat de Pluie...


Eclat de pluie...

Je regardai le temps pleurer sur les carreaux
Et l'oubli sur mes cils
Vogue en silence comme voguent les radeaux
Vers un lointain exil ...

Il aurait suffit d'un second souffle, même dérisoire
Pour continuer le voyage là où tout n'était qu'escales...

Le nez collé sur la vitre, un soupir dessine un coeur,
Buée écorchée sur ses contours, le souvenir saigne...

D?un revers de manche, j'évaporai la parabole intime,
Le regard perçant l'orage pour voir l'éclat de l'abîme;
Cet éclair de survie dans l'origami des lueurs
Froissées en mille échos ciselant l'empire des heures...

À en découdre le fil des vents, à deux doigts de claquer
Comme une gifle dans l'air, comme le fouet d'un hoquet
Apnéique aux creux de l'estomac, cette aigreur de regrets
Qui vous plie en deux tel un roseau qui ne veut rien céder...

Je m'arrachai de la fenêtre, d'un grand pas,
Et je me surpris là
Au clair de la nuit, pénombre aux reflets blessés,
L'espoir défiguré...

Il aurait suffit d'un ultime frisson, même illusoire
Pour inachever le décor là ou tout n'était qu'épures...

Les yeux fermés sur l'inespéré, mes lèvres murmurent
Les maux dits à mots doux, la voix égarée dans le noir...

Sur le toit pentu, ce choeur de pluie tombe comme une tuile,
Éclatant en beauté sur les graviers scintillant d'eau;
Mosaïque débris d'une rage fumant telle une huile
Bouillonnante versée dans la faille des bras héros...

Je vidai mes yeux des grains de larmes, d'un coup !
A mes pieds, des étoiles
Se noyant, hurle vent, dans le sanglot d'un loup
Qui s'arrache les voiles...

Il aurait suffit de forger le verbe sur l'écritoire
Pour qu'on s'aime nos plumes là où çà fait tant et si mal...

A coeur ouvert, je serre les poings jusqu'au cri d'amour,
Sur ces mots qu'il m'aurait fallut salutaire dans l'oeuf...

Je regardai le ciel gémir sur les carreaux
Détournant mon regard
Pour un parfum d'aventure à fleur de brouillard,
Cet au-delà des maux...

Il aurait suffit d'une dernière volonté pour n'être
Encore que l'imparfait là ou tout n'était qu'hier...

Qu'à l'orée de demain
Il était un éclat de pluie,
Rapsodie de l'oubli...

Marie - Juin 2008
# Posté le mardi 24 juin 2008 12:32

Cr'âme Tambour...

Cr'âme Tambour...

Cr'âme Tambour...

Peut-être qu'il n'y a rien à attendre de l'amour,
Si ce n'est qu'un air qui se chante
Et puis s'oubli...
Qu'avec le temps, la tendresse n'est qu'une détresse
Qui se lance dans le vide
Qui s'en balance le c½ur...
Quand il ne reste qu'un battement voguant sur l'abîme des ans chantés
À tire d'ailes brisées...
Et toi,
Tu t'en fous...

Peut-être qu'il y a tout à espérer de l'amour,
Si seulement j'avais su me taire
Ta guerre froide...
Qu'avec les vents, l'honneur d'aimer
Est mort dans un souffle de rire...
Brave soldat au gardez-vous des sentiments
Porte-drapeaux, le c½ur tambour !
Mais toi,
Tu t'en fous...

J'ai planté plein de souvenirs sur ta tombe,
Et quelques sourires.
Et bien des larmes.
Souvenirs d'armes s½urs,
Même quand sous le feu des maux canons,
La mort frôlait l'amour au bout du fusil,
Quand ni la chair ni le sang ne tiraient à blanc
Lors les éclats de prière brûlaient encore
En tristes lueurs sur la morgue pleine de silences...

Et moi,
Je m'en fous...

Mais, et si...
Parce que...
Pas temps que çà...

Depuis que je mène une lutte solitaire,
Guerrière de l'absurde
Aux grès des amours salutaires...
Mornes draps que ma plaine ravagée
De peines à perte de vue...
Il ne me reste que l'armure d'une mémoire
Gravée dans le murmure sculpté
En toutes fines lettres sur l'Arc
De mon ciel sans triomphe...

Émois,
Dont tu te fous...

J'étais volontaire,
Sans avoir signé en bas du contrat
Pour un engagement infidèle !
L'uniforme de tes sentiments seyait
Si bien à mon teint...
Je me sentais bien dans ta peau...
Mon c½ur battait au pas du tien, ton credo
Sur le tempo de nos pulsions corporatistes,
Peaux artistes, à découvert, dans le maquis
De nos corps désarmés...

Et alors...
On s'en fout...

C'était de bonne guerre...
Un combat de naguère
Où on avait rien à y faire...
Si ce n'est que défaire les n½uds de l'à faire
Usée jusqu'à la corde...
Au cou, à bout, de tout, de nous....
Il ne reste juste qu'un goût amer,
Un peu salé,
Dans l'eau des larmes qui se rappellent
Ce temps où l'on partait la confiance
À portée d'armes...
Avec dans la cartouchière un rien d'innocence d'esprit
et quelques rations d'amour et d'eau fraîche..
Une jeunesse d'amour fauchée dans sa chair
Et qui porte encore sa blessure en bandoulière...

Faut-il planter une croix ?
Là ou tout le monde s'en fout...
Là, ou moi je me souviens...

Depuis, j'écris mes non-dits
Sur l'amour des engagés
Qui portent au front la fleur des fusillés
Comme on part au front sans savoir
L'ombre d'une raison...
Quelque part, l'ignorance a du bon,
Elle tue plus vite les innocents...
On en crève ou marche avec la sensation
De vaincre la trahison...
Et dans la bataille, on entend tous la même chanson,
Qui va petit tambour,
Bravement taper sur son c½ur
Avec ses baguettes d'espoirs...

Mourir d'amour,
On s'en fout pas...

On s'en fout pas...

Et depuis...
Même si tu t'en fous,
Des après toi, des avant tout...
Je rame en vers et contre moi,
Guerrière de l'absurde
Qui voudrait crever encore une fois
Dans la peine d'aimer...

Peut-être qu'il n'y a rien a attendre de l'amour,
Peut-être qu'il y a tout à en espérer..
Peut-être qu'une autre guerre...
Où je ferai l'amour..
Comme on se fait la paix...

Pour te mourir d'aimer..
Et survivre, m'aime blessée...
Me délivrerai tous les courages
De me battre encore une fois...

Cr'âme Tambour...
et d'amour...

Marie - Juin 2008

# Posté le samedi 31 mai 2008 10:45
Modifié le samedi 31 mai 2008 14:06

Jazz errance...

Jazz errance...


Jazz errance...

J'ai tant rêvé de mots. Toute éveillée. Debout !
Le temps allongé sur mon lit, à demi nu...
A peine drapée d'ennui, de cils en aiguille,
Une seconde de nuit tisse sa pénombre...

Je m'évanouie, nimbée d'eau pâle, à pas de loup
Sur le reflet béton d'un orage impromptu.
Entretien avec l'inconnu, jet d'escarbilles,
À cloche pied sur la marelle de nos ombres...

Il y a comme du Jazz dans l'air, Darling;
Memphis sur le pont, qu'au soupir d'une tristesse,
Un écho se déhanche de mon corps brumeux;
A m'en paumer d'or les ailes sur du velours...

Glissement d'âme sur la bretelle Madison String,
Un maintenant ou jamais dans l'oubli d'une faiblesse
Qui m'équivoque le mirage d'un conte en cieux
Pour l'idée d'une conduite intérieure sans détours...

J'ai tant éclos mes yeux. Ô troubles et murmures !
Que j'ai déboussolé mon corps, tout doucement,
Pour atteindre ta voix, dentelles et brûlures,
Qui chantent sur mon sein ta mort sure d'amant...

Je m'écris nocturne, aux abandons solitaires,
A coups sursautés sans dessous et qu'à l'envers
Sur le tempo show d'un saxo nonchalamment
Décor d'émotions sans censure; Evid'amant !

J'ai tant joué démo en solo au clair de plumes,
Avec pour draps, le velouté grave et tremblement
D'un outre Monde qui ressemble à cette écume
Que mon corps exulte, par ch½ur, en jouissant ton chant...

Saxo moi les sens jusqu'au ventre de ma déchirure
Et peu m'importe de fendre l'armure des non-dits
Je puise en salutaire le plaisir dans ma cambrure
Soumise à l'orgasme d'un Jazz d'or qui m'ecstasy...

Alors, j'explore, noctambule, les corps de brumes,
Pour te trouver, m'aime à bâton rompu, s'il le faux
Me mentir d'encore perdus que les cris parfument
Comme autrefois, ce jeu sur le t'aime d'un écho...

Marie - Mai 2008
# Posté le dimanche 25 mai 2008 08:25

Vol de nuit...

Vol de nuit...


Vol de nuit...

J'ai conjuré le vent mauvais des mélancolies d'automne
Au crépuscule d'Octobres rouges et violoncelles
Pour mourir mille fois les cent raisons de survivre
Dans l'ombre d'écrits enténébrés de silences ivres...

Diaphane inspiration que les brumes tocsonnes
Quand entre deux Mondes, un lac de songes étincelle
Sur les ailes de signes suspendus aux aubes cuivres,
Tels des étendards sanglants d'ors,emperlés de givre...

J'ai arpenté l'obscure vallée des rêves indécis,
Où les nuages divaguent dans la houle d'un ciel
Rugissant de bleu sous la morsure du soleil,
Alors que l'éveil hésitant frôlait l'infini...

Aérienne folie que l'existentiel nocturne
Aux creux de draps perclus de parfums éthérés
Dont chaque effluve voyage en solitaire
Jusqu'aux frontières d'un inconscient nébuleux...

J'ai cueilli l'arc-en-ciel sur la taille de Saturne
Pour effeuiller un à un ses pétales épicés
D'harmonieuses nuances en éclats épistolaires
Semant, artistes, une poussière camaïeux...

Irréelle invitation que l'argentique lunaire
Quand de ses langues d'écumes amentifères
S'évadent fébriles des moiteurs cotonneuses;
Blancs Chatons pourfendus de griffes voluptueuses...

J'ai ondulé des hanches entre les arabesques
Subtiles des étoiles, ballerines d'une fresque
En mouvement perpétuel, qu'alors l'airain de nuit
Explosait de reflets dans un envol organdi...

Impression de vivre que l'errance funambule
Dans le noir iris émouvant des néants cyclopes,
Éperdus, arbuscules, sur les ondes corpuscules
Alanguies de mystères, ombrelles d'héliotropes...

J'ai jeté une olive sur la marelle des astres
A cloche c½ur, verts rubans, dans un champs oléastre
Illusion d'enfance en traîne d'eau pâle échevelée,
Pour toucher de l'âme les larmes d'un temps brisé...

Ultime fortune que l'utopie des longs sommeils
Quand l'éternel recommencement à l'horizon
Embrase la floraison des rosées violons
Pour l'ajourer, dentelle accroche c½ur, sur mon éveil...

J'ai soupiré un murmure de jour sous mes cils
Désertant la nuit pour m'arrimer aux frôlements
Des étoiles assassinées sur les rais indociles
D'une aurore inquisitrice dans son viol sanglant...

Marie - Mai 2008
# Posté le samedi 10 mai 2008 05:10

Torpeur...

Torpeur...


Torpeur...

Alourdit de parfums, l'air embaume ma langueur,
La nonchalance m'évente impudique et m'effleure...
S'endort mon souffle sur tes lèvres orientales
Ton baiser pulpeux sur ma peau jouit l'escale...

Voyage immobile...

Je vole mes quartiers d'été dans l'ombre des îles;
Des volutes de Menthe dans le thé fébrile,
S'égarent entre les voiles d'un après-midi
Brodé de songes venus d'ailleurs et d'ici...

Voyage immobile
Sous tes éclats de cils...

Un patio dans l'infini éclot romantique,
Entre ciel et terre s'éloge la paresse...
Sous les ombrelles de palmiers mélancoliques
Une fauve torpeur abandonne ses caresses...

Voyage immobile
Sous tes éclats de cils,
Aux iris reptiles...

Suspendue, une musique chaloupe sur l'eau
A l'or que se déploie des pétales d'horizon...
Une léthargie féline saupoudre sur ma peau
Le touché satin de tes doigts perlés de frissons...

Voyage immobile
Sous tes éclats de cils,
Aux iris reptiles,
L'outre-vers indocile...

Ton doux grain de peau, épicé de sable blond
M'invite sur les soies de rivages lointains...
Lorsque tes sens pénètrent mon boudoir giron
Des étoiles moelleuses pulsent sous mon sein...

Voyage immobile
Sous tes éclats de cils,
Aux iris reptiles,
L'outre-vers indocile,
S'éveille subtile...

J'explore le fruit du rêve, suavité
De la passion ajourée de sensualité...
L'irréel voluptueux d'une sieste humide
Dans le refuge viril de tes bras intrépides...

Voyage immobile
Sous tes éclats de cils,
Aux iris reptiles,
L'outre-vers indocile,
S'éveille subtile
Dans l'attente fertile...

J'ai pris l'amour de tes désirs pour naviguer
Sur les vagues de tes longs murmures cabrés...
Ondoyant, béate, au gré d'airains soubresauts
Enivrés d'écumes de sieste à fleur de peaux...

Voyage immobile
Sous tes éclats de cils,
Aux iris reptiles,
L'outre-vers indocile,
S'éveille subtile
Dans l'attente fertile
Des cris indélébiles...

Alourdit de parfums, l'air embaume ma langueur,
Et j'expire l'immensité des jouissances
Éperdues aux abords de nos mots en profondeur
D'âmes soumises aux dentelles du silence...

Je voyage immobile...

D'un battement de c'il...

Marie - Avril 2008
# Posté le vendredi 18 avril 2008 18:31